Bruno Leport (Maire)

Ouverts depuis juillet 2019, les ateliers Jean-Moulin hébergent pour l’instant trois associations. Tout d’abord, la Nouvelle Imagerie, collectif interdisciplinaire de faiseurs d'images artisanales (marbrures, fabrication de papiers à l'ancienne...), qui est à la fois occupant et "ensemblier" du site. Ensuite, le collectif de producteurs locaux "À vos papilles", qui distribue des paniers frais chaque semaine. Enfin, l’université des sciences et pratiques gastronomiques (USPG), association de Xavier Hamon, grand chef à Quimper, qui veut former des cuisiniers prenant en compte les circuits courts et une alimentation saine. De son côté, le collectif nantais Apala, va mettre en place un dôme-pépinière fonctionnant avec de l’énergie solaire."Notre mission est de mobiliser la population pour qu’elle vienne cultiver des graines et recenser les végétaux et légumes les plus adaptés à la région" témoigne Françoise Maine, coordinatrice des ateliers Jean-Moulin.

Réunions publiques, entretiens individuels, groupe de travail

Après la fermeture du lycée professionnel, faute d’effectifs suffisants, en 2018, la région Bretagne, propriétaire des lieux, a souhaité lui offrir une nouvelle vie, avec le concours des collectivités territoriales et des habitants. Courant 2018, le bureau d’études missionné pour réaliser un diagnostic a organisé, avec la ville de Plouhinec, quatre rencontres attirant plus de 400 habitants, complété de 40 entretiens individuels  

"Ces travaux ont montré qu’il fallait valoriser trois thématiques chères aux habitants : le vivre-ensemble, le « bien manger » et l’échange de savoirs", déclare le maire de Plouhinec, Bruno Leport, qui est aussi président de la communauté de communes du Cap Sizun-pointe du Raz. Un groupe de travail rassemblant des acteurs du Cap-Sizun, dans les secteurs de la culture, du tourisme, de l’éducation, de l’économie s’est aussi réuni plusieurs fois.

Crédit : Mairie de Plouhinec

Cartographier les talents et les savoirs du territoire

Au printemps 2019, la région a choisi comme "ensemblier" un binôme de collectifs issus du réseau des tiers-lieux : la Nouvelle Imagerie et Plateau urbain. Françoise Maine, de la Nouvelle Imagerie est chargée d’animer le site. Outre les initiatives des trois premiers occupants, l’ensemblier a initié plusieurs rencontres de voisins, le samedi après-midi, sur le thème « mémoires partagées ». Une cinquantaine de personnes est venue à chaque fois, dont des anciens élèves du lycée. De plus, "des espaces d’échanges de savoirs, de prêt d’outils et de matériel, de réparation et de recyclage ont ouvert, ajoute Françoise Maine. De nombreux passants voient le portail ouvert, viennent discuter ou participer aux ateliers, proposer leur aide... Nous avons prévu de cartographier les talents et les savoirs du territoire".

« Jus de pomme participatif »

Des artisans locaux se rencontrent. Un tourneur sur bois et un marbreur sur papier vont travailler ensemble. Le 7 décembre, un "jus de pomme participatif" a eu lieu : un événement ouvert à tous, réalisé avec les pommes des jardins du voisinage. Le lieu vit et frémit de projets à venir avec la participation des habitants, des associations, des entreprises du territoire. "Je continue à recevoir des porteurs de projet intéressés pour s’établir aux ateliers. Il y a de la place à occuper, le site couvre 15 000 m2², se réjouit le maire de Plouhinec. La région Bretagne a signé une convention d’occupation pour six ans, en attendant la réalisation de travaux d’ampleur. Les ateliers Jean-Moulin sont donc un tiers-lieu, mais aussi, dans un sens, une expérience d’ «urbanisme temporaire »… qui pourrait durer. Qui sait ? Si l’engouement de la population se confirme, les ateliers ont des chances d’être pérennisés.