Julian Perdrigeat (Directeur de cabinet)

Redéfinir le projet de ville

Les municipalités situées dans le Nord de la France font l’objet d’une abstention importante et Loos-en-Gohelle n’y échappe pas bien qu’elle la contienne mieux qu’ailleurs en comparaison dans le Bassin minier. Ancienne ville d’extraction du charbon, la commune a été encadré pendant plus d’un siècle par les compagnies minières. Ne laissant aucune place à l’initiative citoyenne, les habitants n’ont pas vraiment développé une culture de l’engagement. Pour rebondir face à ce constat, l’équipe municipale menée par le Maire Jean-François Caron décide d’engager une politique d’habitants-acteurs en valorisant le patrimoine culturel et local. En changeant d’échelle, la ville a souhaité intégrer les initiatives citoyennes dans la conduite du changement de l’action publique et de la transition écologique. Dès 1995, la co-construction de la Charte du Cadre de Vie publiée en 2000 sert de point de départ d’une politique transversale de développement durable. Document stratégique, il permet à la collectivité d’amplifier les dynamiques participatives et de redéfinir le projet de ville avec et par les 6500 habitants de la commune.

Le « fifty-fifty » et le principe « gagnant-gagnant »

Destiné à favoriser, soutenir et développer les initiatives des habitants, la démarche du dispositif « fifty-fifty » repose sur 3 principes : « une idée, un appui de la commune et une convention ». En effet, lorsque les loossois (citoyen, groupe d’habitants, association, école, etc.) ont une idée ou une revendication, ils peuvent saisir la commune pour une action d’amélioration du cadre de vie. S’ils s’engagent à la mettre en œuvre et à en assurer la pérennité via le respect de la convention, alors la municipalité accompagne son essor et sa réalisation en soutenant financièrement et techniquement le projet. En revanche, la réalisation et la gestion doivent être effectuées par les demandeurs ou avec la commune dans une optique partenariale. Relevant d’un principe « gagnant-gagnant », le fifty-fifty a été à l’origine de nombreux projets concrets intégrant les habitants comme partie prenante dans la transition démocratique et écologique.

5 à 6 fifty-fiftys par an et des centaines de Loossois impliqués

Depuis le lancement de l’outil, plusieurs centaines de loossois se sont impliqués dans les fifty-fifty pour une moyenne de 5 à 6 projets par an. Ces résultats ont permis une diversification et une massification de l’engagement sur des projets aux préoccupations particulières, de la construction d’un skate-park par des jeunes de 11 à 14 ans à l’installation de panneaux solaires sur la toiture d’une église. Entre reconnaissance du rôle de l’habitant et du droit à l’initiative, Loos-en-Gohelle a su solliciter la qualité et la pertinence de l’expertise d’usage citoyenne. Si les habitants se sont parfois heurtés aux restrictions budgétaires, l’exemple de la rénovation des chemins ruraux par les agriculteurs a permis d’économiser 70% de la dépense globale. La collectivité a notamment pu refaire les chemins pour 30 000 euros grâce aux machines, bennes et travail des agriculteurs. Promoteur de lien social et de compétences collectives, le fifty-fifty est un exemple de démarche participative qui inspirera de nombreuses communes à l’avenir. Projet en cours : le plan solaire citoyen.

Acteur

Acteurs

Mairie de Loos-en-Gohelle

Bilan

Bilan

5 à 6 fifty-fiftys par an dans la commune

Plusieurs centaines de Loossois impliqués dans les fifty-fifty depuis leur création

Près de 200 réunions publiques par mandat

Quasi doublement du nombre d’associations par rapport aux années 1990

Fonds de Participation des Habitants multiplié par 10 entre 2001 et 2008

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