La démocratie participative a-t-elle un sexe ?

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Soumis par Alexis Desvaux le ven 13/01/2023 - 15:08

La démocratie représentative a longtemps, indubitablement et officiellement, eu un seul sexe. En France, « il a même fallu », comme le rappelle Michèle Riot-Sarcey, « inventer un mot pour permettre aux femmes de parvenir à la représentation publique comme à la gestion des affaires de la cité » (2013, p. 153). Le terme « parité » est de ce fait « un aveu d’impuissance », ajoute-t-elle. Par contraste, cet autre modèle que constitue la démocratie participative a pu apparaître, d’emblée, comme le terrain politique par excellence que pourraient/devraient investir les femmes. Affichant ses ambitions inclusives et égalitaristes, la démocratie participative s’est imposée comme une proposition corrective pour tous les groupes subalternes historiquement exclus de la représentation politique. Elle s’est déployée avec la promesse de rapports plus horizontaux (entre groupes sociaux et entre gouvernants/gouvernés), laissant à distance la libido dominandi qui structure la lutte pour les places et la représentation. Cependant, au regard de la densité des discussions théoriques et du développement croissant des recherches sur la démocratie participative, les travaux empiriques sur le genre de la démocratie participative sont somme toute assez rares. L’enjeu de ce dossier est donc de leur donner une visibilité. Ce numéro de Participations se demande dans quelle mesure la démocratie participative est genrée. Il cherche à voir comment les femmes et les hommes, ensemble ou séparément, prennent part, s’expriment, interviennent, sont entendu.e.s, dans les dispositifs participatifs contemporains. 

 

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Cairn